Témoignage d’un N’djaménois : « après le beau temps, il pleut sur N’djaména. »
Les villas de Daoussa Deby, Amira Deby, feu Brahim Deby, Hinda Deby, le petit palais de Bidey neveu de Deby, les villas des sœurs de Deby, tous symboles d’un régime haï, toutes ces villas ont été dévastées en quelques heures. Implantées dans un océan de misère, parfois juxtaposées à des maisons sans eau ni électricité dans lesquelles des personnes ne pouvaient assurer 3 repas par jour. Ces réalisations ressemblaient toutes par leur coté fantasque et démesuré à de pales imitations de ce qui a été vu quelque part à Dubaï par leurs propriétaires. Par exemple, un aquarium géant encastré au plancher du salon ou bien un système de diffusion de parfum par des vases éparpillés dans un jardin et reliés à un mécanisme programmé pour déclencher une odeur de parfum toutes les x minutes. Démesure, folie de grandeur, arrivisme, arrogance, exactement à l’image de leurs propriétaires, tous des véritables tartuffes.
Dès que les rebelles se sont retirés de la ville, il a commencé à pleuvoir à N’djaména. tout d’abord, une véritable chasse aux Goranes à commencer : arrestations, exécutions, viols, brimades, bastonnades, enlèvements, puis ce fut le tour de toutes les personnes qui ont été vues entrain d’applaudir les rebelles, elles ont été arrêtées, certaines sont portées disparues jusqu’à aujourd’hui. La déferlante des militaires de Deby à continuer, ils ont foncé dans les hôpitaux où les rebelles avaient laissé certains de leurs blessés, tous ont été froidement exécutés dans leurs lits d’hôpitaux. Tous les jeunes garçons ayant des cheveux en broussaille étaient systématiquement arrêtés et exécutés, soupçonnés d’être des rebelles. Après cela, complètement terrorisés, tous les jeunes dans les quartiers se sont rasés la tête, mal leur en a pris car pour les hommes de Deby c’était la preuve qu’ils étaient des vrais rebelles dans la mesure où ils étaient des « fraîchement rasés. »
Le quartier Moursal a été investi dès 4 heures du matin et jusqu’à 17 heures, on entendait les gens hurler et les kalachnikovs crépités. La rage au cœur, les militaires de Deby ont foncé chez les chefs de l’opposition démocratique, tous ceux qui étaient chez eux, ont été arrêtés, bastonnés et conduits à la présidence.
Un communiqué gouvernemental a été diffusé pour annoncer qu’une fouille maison par maison aura lieu pour trouver les objets pillés des maisons des dignitaires du clan Deby.
Après cela, les épouses des proches de Deby en l’occurrence madame Daoussa Deby et madame Bidey Itno sont passées à la télévision pour tenir le discours suivant : « vous avez volé mon or, oh mon Dieu ! L’or que j’avais ! Impossible de trouver les mêmes modèles, vous avez détruit et saccagé ma maison, mes carreaux, je les ai importé de Turquie, comment les retrouver, vous me le payerez ! », « ma villa m’a coûté 700 millions, j’ai fait venir des gens de Dubaï pour sa décoration, vous avez tout foutu en l’air, vous le regretterez ! ».
Les gens dans les quartiers les ont bien écouté et voici ce qu’ils leur disent : « argent de la drogue, argent de faux billets, argent volé aux commerçants tchadiens, argent détourné des revenus pétroliers. Gourouss hana haram (bien mal acquis ne profite jamais), amassez bien, nous pillerons tout à nouveau, au fait quand est- ce que reviennent les rebelles ?
Le frère d’une personnalité bien connue au Tchad a acheté un vélo d’appartement qui se trouve par malheur être le vélo de Mr Bidey Itno, neveu du président. Lors des fouilles, il a été arrêté, bastonné, le vélo récupéré bien sûr mais en même temps le titre foncier du monsieur. Bidey Itno venait de mettre sa menace à exécution : « si je trouve même un seul verre m’appartenant dans vos maisons, je vous descendrai et je prendrai votre maison, criait-il sans arrêt dans la rue ».
Idriss Deby et sa clique venaient de connaître ce qu’aucun président au Tchad n’a jamais vécu, être vomi par toute une population, l’entendre de ses propres oreilles, et le vivre totalement impuissant 48 heures durant, une première au Tchad, pour nous punir, il nous a lâché ses chiens enragés et décréter 3 mois sans salaire.
Voici mon témoignage sur l’enfer que nous vivons au quotidien sous l’indifférence et la complicité de la communauté internationale.
Issakha Djibrine
N’djaména



Commentaires (2 posté):
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