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La France doit-elle intervenir au Tchad?

Tchad: Sarkozy à N'Djamena où le doute subsiste sur les opposants disparus

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image Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à N'Djamena

Par Marc PONDAVEN et Nadège PULJAK AFP - N'DJAMENA (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé mercredi à N'Djamena pour une brève escale controversée au Tchad, où le doute subsiste sur le sort de deux opposants arrêtés par les autorités et portés disparus depuis l'attaque ratée des rebelles début février.

Le chef de l'Etat français et son épouse Carla Bruni, dont c'est le premier voyage officiel à l'étranger en tant que première dame, ont été accueillis à l'aéroport de la capitale tchadienne par le président Idriss Deby Itno.

Dans un premier temps, Paris avait émis comme condition à une telle visite que la lumière soit faite sur la disparition de deux opposants, arrêtés le 3 février à l'issue de l'attaque rebelle contre N'Djamena, repoussée in extremis par le président Deby avec le soutien de la France.

Il s'agit du député fédéraliste Ngarlejy Yorongar, opposant irréductible depuis que le président Deby a pris le pouvoir par les armes en 1990, et d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, l'un des principaux porte-parole de l'opposition.

Ces personnalités avaient été enlevées, selon les témoignages recueillis par l'AFP et des organisations internationales des droits de l'Homme, par les services de sécurité tchadiens, ce que dément N'Djamena.

Le gouvernement tchadien affirme ignorer le sort de M. Ibni, tandis qu'il déclare désormais que M. Yorongar est "vivant" et qu'il se cache à N'Djamena d'où il pourrait s'exprimer mercredi.

Mais cette version, relayée par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, également présent à N'Djamena, a été une nouvelle fois démentie mercredi par son entourage. Quant à la famille de M. Ibni, elle dit tout ignorer du sort de l'opposant.

L'Elysée a d'ailleurs bien affirmé que l'objectif de cette visite était de plaider auprès de N'Djamena pour une "accélération" du processus démocratique et pour que "toute la lumière" soit faite "sur le sort des deux opposants" - une position au diapason avec celle du commissaire européen au Développement Louis Michel, qui accompagne Nicolas Sarkozy dans son voyage.

Après un passage sur la base militaire française de N'Djamena, le chef de l'Etat français prendra la direction de la présidence tchadienne pour soumettre à Idriss Deby l'idée d'une "commission d'enquête crédible" sur les disparitions.

Avant de quitter Paris, le président Sarkozy a reçu mercredi six organisations de défense des droits de l'Homme, dont certaines ont critiqué le "soutien aveugle" apporté à N'Djamena.

Dans ce contexte, les autorités tchadiennes ont voulu jouer l'"apaisement" en plaçant mardi "en résidence surveillée" à son domicile un autre opposant, Lol Mahamat Choua, également arrêté début février.

Cet ex-chef de l'Etat tchadien, initialement porté disparu avant que le gouvernement ne reconnaisse le détenir en tant que "prisonnier de guerre", présidait avant la crise le comité de suivi de l'accord du 13 août 2007 entre l'opposition et le pouvoir, censé aboutir à un scrutin démocratique en 2009.

Selon le programme diffusé par le protocole tchadien, le président Sarkozy doit également s'entretenir avec les membres de ce comité de suivi. Il rencontrera ensuite la communauté française et dînera avec les soldats de la base française.

M. Sarkozy pourrait également demander à son homologue tchadien la grâce des six membres de L'Arche de Zoé condamnés en décembre au Tchad pour la tentative d'enlèvement de 103 enfants à 8 ans de prison.

La France entretient au Tchad depuis 1986 un dispositif militaire baptisé Epervier regroupant actuellement quelque 1.500 soldats. L'armée française a ainsi fourni à N'Djamena des renseignements sur les positions des rebelles lors de leur dernière offensive, mais elle a aussi acheminé des munitions aux forces gouvernementales et protégé l'aéroport de la capitale tchadienne.

La France est également le principal inspirateur d'une force européenne (Eufor) en cours de déploiement dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger notamment les réfugiés soudanais qui ont fui la guerre au Darfour voisin.

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