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La France doit-elle intervenir au Tchad?

La France confirme avoir acheminé des munitions pour l'armée tchadienne

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image AFP/PASCAL GUYOT - Le ministre de la défense, Hervé Morin, rend visite aux militaires français au Tchad, le 6 février 2008, à N'Djamena.

LEMONDE.FR avec AFP | Le ministère de la défense français a officiellement confirmé, jeudi 14 février, que l'armée française avait acheminé des munitions aux forces tchadiennes pendant l'offensive des rebelles contre le régime du président Idriss Déby.

 "Les moyens français ont participé à l'acheminement de munitions destinées aux forces tchadiennes", a déclaré le porte-parole du ministère de la défense, Laurent Teisseire, lors du point de presse du ministère, sans s'étendre sur les détails. Interrogé sur le type de munitions, il s'est refusé à préciser leur nature et les quantités livrées à l'armée nationale tchadienne. Il n'a pas non plus précisé d'où étaient partis les avions français.

LA FRANCE A FAIT APPEL À LA LIBYE

Dans son édition parue le 7 février (datée 8 février), Le Monde avait déjà révélé que Paris avait fourni des munitions, de la logistique et du renseignement à l'armée d'Idriss Déby. Il indiquait notamment que Paris avait sollicité la Libye pour qu'elle livre des pièces de munitions pour les chars tchadiens. Le Monde affirmait par ailleurs que les soldats français avaient empêché les rebelles de s'emparer de l'aéroport de N'Djamena, le 2 février, jouant un rôle crucial dans l'issue de la bataille.

Le quotidien La Croix du 8 février révélait également que la question des munitions s'était avérée essentielle. Citant une source proche du dossier, le quotidien précisait que la seule fois où le président Déby "a paru tendu au téléphone, lors de ses conversations avec Nicolas Sarkozy (...), c'est lorsqu'il a constaté qu'il était à court de munitions". "Après quelques coups de téléphone, plusieurs tonnes de munitions sont en effet arrivées de Tripoli."

AUCUNE "ACTION OFFENSIVE DE NOTRE PART"

Jusqu'ici la France n'avait pas reconnu officiellement avoir aidé à acheminer des munitions. Toute implication directe des militaires français dans les affrontements a été démentie le 8 février, à la fois par Mme Yade et par un porte-parole du ministère de la défense. Le chef d'état-major de l'armée française a seulement reconnu avoir fait usage de la force en état de légitime défense, notamment pour protéger l'aéroport international.

Une position encore défendue ce jeudi par Hervé Morin : "Cessons de raconter que l'armée française a participé directement aux combats, elle n'y a pas participé", a déclaré le ministre de la défense, invité de l'émission "Politiques" de France 24. "La France a tenu ses engagements qui sont un accord de coopération technique militaire, où on fait du soutien, de la logistique, de la santé. Nous n'avons pas participé militairement, directement, aux combats, sinon pour assurer notre propre défense ou la sécurité des ressortissants que nous avons évacués", a dit M. Morin. "Bien entendu, on a repoussé à chaque fois qu'on a eu le sentiment que le contrôle de l'aéroport pouvait être menacé, mais ça n'a jamais été une action offensive de notre part", a-t-il poursuivi.

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